Benben a dit (19 Mai 2017 à 11:49)
Naughty Dogs, studio chéri de Sony, fleuron technologique et vitrine de la PlayStation depuis que Crash Bandicoot sait casser des boites, nous a habitués à des productions grand public de qualité. Avec la saga Uncharted et sa mise en scène digne des plus gros blockbusters Hollywoodiens d’action-aventure chaque nouvel opus apporte la promesse d’une débauche de situations plus incroyables les unes que les autres, et de prouesses techniques à faire pâlir d’envie les plus extrémistes tenants de la religion « PC Master Race ».
« A Thief’s End » prend donc la relève de ses grands frères et embarque le joueur dans une nouvelle aventure qui repousse les limites déjà intergalactiques posées par « Drake’s Deception ». Une déferlante de cascades, de sauts, d’explosions et d’effondrement de bâtiments attend donc de rythmer cette nouvelle épopée, sur les traces du trésor du célèbre pirate Avery.
Entendons nous bien : Uncharted n’est pas un jeu qui propose un scénario profond et un gameplay incroyable. Non, ici c’est le jeu qui contrôle le joueur et non l’inverse. On pourrait presque résumer toute la saga à du rail-shooter vu que le chemin à parcourir est tout tracé. Ce quatrième volet tend cependant à tordre légèrement cette règle en proposant des niveaux en pseudo monde ouvert, et disposant de plusieurs chemins différents pour atteindre son but, ainsi que des zones optionnelles.
C’est avant tout, et presque uniquement la mise en scène qui fait de cette saga, et particulièrement de « A Thief’s End » un jeu vraiment marquant, et complètement jouissif. Comme je le disais plus haut, c’est le jeu qui contrôle le joueur. Pas besoin d’avoir une dextérité d’humain augmenté pour terminer l’aventure car tout est scripté et fait pour nous faciliter la tâche. L’avantage ? On en prend plein les mirettes en profitant pleinement de ce que les « Dogs » nous ont concocté, même pendant que Nathan Drake se balance à 200 mètres au dessus du vide après une glissade à flanc de falaise tout en se faisant canarder par une armée de mercenaires. Finalement les seuls moments de liberté sont les gunfights, où le joueur peut adopter la stratégie qui lui convient le mieux. Sauf en mode difficile, car foncer dans le tas n’apportera jamais rien d’autre qu’une mort certaine.
Les gunfights sont finalement peu nombreux, mais atteignent ici aussi grâce une maîtrise complète de la mise en scène, une intensité jubilatoire. De mémoire, je n’avais pas touché à un jeu de tir depuis… au moins deux ans (sans compter Resident Evil 1 et 0). Du coup, plutôt porté par l’envie de la jouer finot, j’ai éliminé plus de la moitié de mes ennemis à mains nues, stratégie payante et gratifiante. Cela dit, certains passages obligent à littéralement tout faire péter et je n’ai pas boudé mon plaisir à déchaîner toute la puissance de feu mise à disposition pour me tailler un passage au milieu des cadavres.
Il est dommage que les rares énigmes proposées soient aussi simples. Je sais bien qu’il s’agit d’un titre grand public, qu’il doit être accessible au plus grand nombre. Mais là… C’est limite se moquer des joueurs que d’imposer des énigmes aussi faciles. Aucun sentiment de fierté ne ressort de la plus « tordue » des énigmes, qui consiste à faire correspondre des symboles entre eux.
On retrouve évidemment la chasse aux trésors cachés dans les décors somptueux, et si habituellement dans les jeux précédents on tombait sur 90 % des objets planqués sans même les chercher, c’est ici une autre paire de manches. Grâce à un habile level-design, c’est parfois un vrai challenge de trouver toutes les babioles. Ce même level-design permet également de pousser la durée de vie du mode scénario, d’une part car il fourmille de détails, et d’autre part car il donne envie d’être découvert et laisse parfois rêveur. D’après les statistiques du jeu, j’ai passé, sur mes 26 heures au total, environ 45 minutes sans bouger : comprenez, 45 minutes à profiter de la beauté de certains points de vue.
Le scénario ne surprendra personne, et reprend les codes bien huilés du genre. Mais ici aussi, c’est la mise en scène qui permet de filer des frissons lors des cinématiques, ou quand une musique héroïque se déclenche. S’il n’y avait cet épilogue un poil niais sur les bords, je dirais que c’est un sans-fautes. Nathan, Elena, Sully et Sam forment un quatuor efficace face à Rafe et Nadine, les antagonistes barjots de l’épisode. C’est avec une habileté rarement égalée que l’on passe d’une course poursuite effrénée qui renvoie les séquences les plus mouvementées d’Uncharted 3 aux oubliettes, à une cinématique aux relents dramatiques. Et si parfois les retournements de situation ou les ficelles scénaristiques feront tiquer par leur lourdeur, elles seront bien vite compensées par le plaisir que procure cette odyssée.
En toute honnêteté, j’ai tellement apprécié de jouer à Uncharted 4, que je n’ai fait que repousser l’inéluctable fin en repassant plusieurs fois sur mes pas, ou en n’allumant pas la console pendant plusieurs jours. Les sensations de découverte et d’aventure, l’ambiance du titre, en font un excellent jeu pop-corn, à apprécier à sa juste valeur. C’est du divertissement à l’état pur.
Bubuth a dit (14 Mai 2017 à 22:34)
Bah, magnifique. C'est tout. Très poétique, par les images, l'histoire, la musique. Le fait de pouvoir rencontrer d'autres joueurs random dans le jeu m'a hyper surpris et c'est vachement cool !
Petit bémol : c'est VRAIMENT un petit jeu indé donc vraiment TRES COURT. Dommage. Parce que du coup on apprends pas grand chose sur l'univers, l'histoire, le pourquoi du comment de qui ??
Mais bon, jeu indé ! Et ça n'enlève rien au reste ni au gameplay qui est super sympas!
Franz26 a dit (10 Mai 2017 à 07:56)
Déjà conquis par la direction artistique et la réalisation chatoyante proposée par le titre de Moon Studio, seul le temps me faisait défaut pour profiter de ce petit bijou. Compte rendu d’un voyage inoubliable et d’un émerveillement, tant visuel que ludique, permanent.
Ori and The Blind Forest attise d’abord l’intérêt par une esthétique magnifique et envoûtante. Rarement un jeu 2D n’aura été aussi beau, aussi fin, saupoudré d’effets et jeux de lumières somptueux et usant d’une animation générale exceptionnelle. La direction artistique transcende cette technique et nous convie à s’abandonner corps et âme dans les contrées magiques de la gigantesque forêt d’Ori, qui dégage une ambiance mystique hors-norme à la mélancolique enivrante. Ori and The Blind Forest se pare ainsi d’un univers totalement dépaysant, propice à une quête spirituelle onirique au ton grave.
Néanmoins, ce voyage féerique sera rythmé par un gameplay nerveux et exigeant dans la pure lignée d’un Metroid. On se retrouve avec un jeu d’action en scrolling horizontal où l’exploration prend une place prépondérante au sein de l’aventure. Limité au début, notre petit bonhomme déverrouillera au fil du temps des capacités indispensables pour accéder à de nouvelles zones. En parallèle, un arbre de compétences assure le développement progressif de nos pouvoirs, afin d’être en mesure de découvrir l’intégralité du monde et de percer les secrets qu’il dissimule. Cellules d’énergie et de vitalité faisant parti des bonus les plus convoités ! Notez aussi que la gestion judicieuse des checkpoints permet de doser la difficulté à sa guise, certains passages prenant parfois des airs non dissimulés de pur Die & Retry. Malgré quelques nouveautés Ori réemprunte donc les codes bien connus du genre et les exploite avec brio. En résulte un gameplay parfaitement maîtrisé frôlant la perfection, véritable condensé de plaisir de jeu.
Continuons les louanges avec la bande son, constituée de thèmes magnifiques tantôt doux et poétiques, tantôt sombres et angoissants. Cette harmonie sonore délicate, en parfaite symbiose avec l’aventure, force également le respect. Sans surprise le scénario se voudra très épuré, incitant le joueur à sauver la forêt tout en insistant sur la relation d’Ori et sa mère adoptive, Naru. Une quête passionnante qui s’étalonnera sur une bonne douzaine d’heures pour les plus acharnés, la Definitive Edition apportant quelques améliorations et zones inédites.
Divin sur la forme et exemplaire sur le fond, Ori and The Blind Forest se vit comme une vraie bouffée d’oxygène, comme un vent de fraîcheur enchanteur et merveilleux. Un petit chef d’œuvre aux charmes irrésistibles.
Dragnoc a dit (09 Mai 2017 à 11:45)
Beyond : two souls est un de mes jeux favoris toutes catégories confondues ! Un vrai bijou. Je viens de le terminer une seconde fois, et je sais que ça n'est pas la dernière pour moi !
Benben a dit (09 Mai 2017 à 11:20)
Nintendo revient sur le devant de la scène après avoir peiné à convaincre le grand public et les éditeurs de jeux, la faute à une console trop en dehors des clous, dont les développements spécifiques liés au hardware refroidissent les ardeurs des producteurs en quête de chiffre.
Avec une nouvelle console et un jeu phare (qui sert à la fois de feux avant pour la Switch et de feux arrière pour la Wii U), Big N vient une nouvelle fois conter au monde entier son amour pour le Jeu Vidéo.
The Legend of Zelda – Breath of the Wild débarque avec un retard technologique évident, mais qu’il serait bête et obtus de s’en tenir à cela ! Nous avons certainement tous vu la scène d’intro de ce volet des aventures de Link, empreinte d’une poésie et d’un lyrisme qui à eux seuls effacent d’un souffle les critiques geignardes des camés à la puissance graphique. La direction artistique atteint ici un niveau d’excellence qui en dit long sur la volonté des créateurs de proposer une œuvre unique et marquante.
L’environnement, la nature, la faune et la flore, le cycle jour/nuit, la météo, les montagnes, les lacs, les ruines et les villages constituent le personnage principal de l’aventure : ce fameux WILD du titre, est le cœur même de l’épopée, au point que les mésaventures de Zelda passent au second plan la plupart du temps. Explorer Hyrule devient une expérience qui ne tarit jamais de surprises tant la carte est grande et variée. Alors certes, à cause, ou plutôt grâce à The Witcher III – Wild Hunt, toute expérience en monde ouvert est aujourd’hui forcément comparée au mètre étalon du genre. On regrettera le manque de vie et d’autonomie des PNJ, ou la densité des forêts. Mais face au soin apporté aux détails même les plus insignifiants, on sera bien vite totalement transportés et séduits.
Breath of the Wild est visuellement l’un des plus beaux jeux jamais créés. C’est du péremptoire.
Passons au gameplay, qui reprend avec brio ce que les Zelda proposent depuis 30 ans tout en apportant à chaque itération des petits plus intelligemment trouvés. La vitalité qui augmente au fil de l’aventure, et la barre d’endurance et les balades à cheval font leur grand retour. Les pouvoirs de Link sont débloqués quant à eux dès le début (sauf un, qui est optionnel). Laissant au joueur le champ libre pour explorer le monde en découvrir ses dangers. On a beaucoup parlé des combats et des armes qui se brisent : il s’agit à mon sens ici d’une pirouette obligeant le joueur à varier ses techniques et/ou incitant à la prudence plutôt qu’aux grosses bastons. Cela étant dit, quand on est over-puissant à la fin du jeu, rien à battre de la subtilité, les ennemis n’ont qu’à s’aligner sagement et attendre leur poutrage en bonne et due forme. Ceci m’amène à la difficulté du titre, qui globalement n’a rien d’un challenge. Seul un type d’ennemi oppose une vraie résistance, mais la rareté de l’espèce en fait un problème bien vite oublié pour qui n’aurait pas envie de looter les meilleurs objets. J’en profite pour faire un aparté sur l’inventaire, qui une fois bien rempli devient un vrai calvaire à fouiller !
Parler du gameplay sans aborder l’escalade serait passer à côté d’un aspect crucial de ce Zelda, 90 % des surfaces étant grimpables. Obligatoire pour atteindre certains lieux, source d’émerveillement quand on atteint un sommet ou de stress quand la barre d’endurance commence à clignoter ou quand la pluie rend les surfaces glissantes, on aura très vite besoin de chercher un équipement permettant de devenir un véritable acrobate des falaises.
Lâché en pleine nature, Link devra donc s’adapter à son environnement. Des climats arides au froid polaire, des orages mortels aux douces brises des plaines, on effleure presque un aspect « survivaliste ». Mais le tout est ludiquement amené, et retourner les dangers climatiques contre les ennemis deviendra bien vite une source d’amusement et de stratégie : utiliser ses armes en métal comme paratonnerre pour déchaîner les enfers sur un campement pendant un orage, ou balancer une petite boule de neige qui va devenir énorme ne sont que les exemples les plus frappants de ce que proposent les développeurs. Link devra également s’improviser cuisiner et alchimiste : créer des potions et cuisiner des mets à base d’aliments récoltés s’imposera de manière plus ou moins forcée et cassera le rythme de l’aventure.
A la différence des précédents titres de la licence, il n’y a ici que 4 donjons majeurs. Mais que les adeptes des énigmes se rassurent, 120 donjons modestes contrebalancent l’absence des sempiternels « donjons à tiroirs » que l’on connaît tous. Ces 120 donjons permettent de récolter des orbes, nécessaires à l’amélioration de la barre de vitalité et d’endurance. Pour les plus téméraires, la complétion des 120 shrines révèle une récompense plus emblématique qu’autre chose, mais qui mérite le temps passé à les terminer. Surtout que certains de ces shrines demandent de la célérité et pas mal de jugeotte. Un vrai régal qui offre un sentiment de réussite équivalent à celui de la saga Portal.
Un vrai regret sur la trame scénaristique, que j’ai trouvé trop mise en retrait, ou plutôt, trop cachée par l’aspect exploration. L’arrivée tardive des doublages en version japonaise renforce cependant l’immersion (même si le doublage anglais est très bon), et les cutscenes sont très justement jouées.
L’OST enfin, se dévoile timidement au fil du jeu. Tout d’abord avec quelques notes de piano subtiles, puis avec des musiques orchestrales et des musiques d’ambiance. Sans être la meilleure OST du monde, elle n’en demeure pas moins d’excellente facture.
Pour conclure, et pour parler spécifiquement de la version Wii U, hormis la différence de résolution par rapport à la version Switch, c’est la même chose. On notera tout de même des baisses de framerate dans les environnements intérieurs (dans les étables notamment) et lors de certains combats avec une arme à base de feu. Pour les possesseurs de Wii U, nul besoin d’investir dans une Switch dès maintenant sauf si les autres jeux vous intéressent évidemment.
steffff a dit (05 Mai 2017 à 22:39)
Vraiment un jeu génial encore aujourd'hui !
MLT a dit (29 Avril 2017 à 00:40)
@Mca : C'est surprenant que tu qualifies le jeu de la sorte, à mes yeux il s'agit du Hitman le plus orienté action.
Si mes souvenirs sont bons, les niveaux sont très nombreux et parfois très courts. Bien souvent je n'ai pas réussi à traverser les zones sans massacrer tout le monde ^^
Oui oui, je pense notamment aux niveaux où nous traquons Hayamoto.