Franz26 a dit (27 Novembre 2020 à 07:49)
L’arrivée de cette suite est une belle récompense pour les amateurs du premier opus, qui avait su trouver son public avec un concept minimaliste et une direction artistique complétement folle ! Malgré un contenu limité, Nidhogg représentait une expérience originale et un excellent défouloir multijoueur. Place au second acte.
Sans surprise, ce nouvel opus se contente de bonifier la recette et conserve le principe de base : atteindre le dernier écran du niveau en terrassant votre adversaire dans un duel de cape et d’épée. Chaque coup s’avère fatal, mais la victime ressuscite quelques mètres plus loin pour protéger son territoire et reprendre l’initiative. S’ensuit des confrontations dynamiques et intenses, où les techniques les plus sournoises sont de rigueur ! Outre une revisite visuelle du plus bel effet, nous y reviendrons, Nidhogg 2 mise sur l’apport de nouvelles armes pour renouveler l’expérience. En sus du fleuret traditionnel, il est désormais possible de combattre avec une puissante épée à deux main, un arc ou une dague. Chacune ayant des avantages et des inconvénients qu’il faudra exploiter en fonction du terrain et de l’adversaire. Cette diversité, générée aléatoirement à chaque respawn (ou selon l’ordre défini dans les options), apporte de la fraicheur à un gameplay technique et efficace. Pour compléter le tout, on peut désormais compter sur une dizaine d’arènes et sur un mode tournoi afin d’humilier vos potes en toute légalité. Du bonheur.
Techniquement, Nidhogg change de style mais conserve une empreinte unique grâce à une palette de couleurs audacieuse et une réalisation en pixel-art old school du plus bel effet. Des décors variés et absurdes renforcent cet aspect délirant, finalisé par un character-design magnifiquement moche. Bien moins épuré qu’auparavant, le rendu visuel se révèle au final très agréable. Pas de révolution sonore en revanche, les musiques et bruitages se faisant malgré eux discrets devant les hurlements rageurs ou victorieux…
Orienté 100% arcade, Nidhogg 2 reste un jeu de niche destiné aux soirées (arrosées) entre potes. Plus complet que son prédécesseur, ce second opus bonifie le concept et étoffe son contenu afin de nous offrir un petit concentré de fun et de divertissement. Covid inside, j'aurais souhaité profiter encore davantage du local avec les z'amis (car affronter l'IA ça va bien 5 minutes...), mais on se rattrapera l'année prochaine... et les suivantes, jusqu'à Nidhogg 3 ! A essayer de toute urgence.
Franz26 a dit (26 Novembre 2020 à 08:01)
Yes Fufu : toutes les cinématiques ont été retravaillées dans un style animé somptueux (et certaines sont même carrément inédites), un nouveau perso bonus à récupérer : le grand Balthier (FF12, je l'ai recruté hier soir justement), et des fonctionnalités locales ou en lignes (anecdotiques). Voilà pour les grandes lignes. Je suis en train de finir tranquillement ma partie : le plaisir de jeu est intact même 20 ans plus tard. Je posterais évidemment une critique exhaustive sous peu, as usual. ^^
Franz26 a dit (23 Novembre 2020 à 08:25)
Aboutissement d’un rapport incestueux mais plein d’amour entre Ninja Gaïden et Dark Souls, frère spirituel d'Onimusha, Nioh puise ses influences auprès des meilleurs et, malgré un développement houleux, pointe le bout de son sabre sur Playstation 4 en 2017. De quoi combler les adorateurs des Souls, tout en offrant une porte d’entrée aux réfractaires via un gameplay beaucoup plus nerveux et dynamique.
Nioh se positionne dans un contexte semi historique où s’entremêle personnages authentiques et conflits de pouvoirs sur l’archipel Nippon, à la fin de l’époque Sengoku. Ici, point de flou narratif et de lore à décortiquer : l’histoire avance tranquillement via quelques cinématiques entre chaque mission, les objectifs sont clairs et l’ensemble ne réserve guère de surprise. Tout commence par l’évasion spectaculaire de William Adams, considéré comme le premier Samurai d’origine occidentale (Wiki le dit), fuyant une geôle Londonienne après s’être fait subtiliser son familier fétiche et esprit protecteur à temps perdu. En quête de réponses et à la poursuite du sinistre Kelley, ce périple le conduit au cœur d’un Japon féodal impitoyable largement imbibé du folklore traditionnel Nippon. Ainsi, la mythologie Japonaise occupe une place prépondérante et les Oni, Yoka et autres Kodama baliseront votre parcours spirituel. N’espérez toutefois pas vagabonder tranquillement à travers des champs de cerisiers blancs ou autre panorama apaisant : dans Nioh la magie noire et les forces impures sont à l’œuvre, sources d’une ambiance sombre et mystique aussi envoutante qu’oppressante.
Avec une structure découpée en niveau, Nioh peut se permettre une large variété d’environnements sans se triturer les méninges en terme de level design : ainsi temples japonais, forêts mystérieuses, mines souterraines ou contrées enneigées sont autant de terrains de jeu variés pour accompagner votre épopée sanglante sur l’archipel. Malgré quelques inégalités, chaque stage a bénéficié d’un grand soin dans sa construction et offre une exploration jouissive dans la pure recette des Souls. Atmosphère tendue et tension garantie : un régal.
Déjà réputée pour ces titres exigeants, la Team Ninja nous propose avec Nioh un jeu d’action faisant écho à la marque de fabrique From Software. Découpage par niveau mis à part, facilité de conception oblige, la structure de progression sera ainsi familière a beaucoup d’entre nous. Ici, ce sont des sanctuaires qui officient comme checkpoints pour dépenser ses âmes, pardon, son Amrita (dont la perte ne sera tolérée qu’une fois et sous réserve de retourner fouiller son cadavre). Les raccourcis se déverrouillent au fil du niveau, échec après échec, pour se conclure en apothéose contre un boss retors. Ces derniers, alternant entre Samurais de renoms ou démons mythologiques, sont à l’image du bestiaire général : extrêmement soigné et spectaculaire ! La montée en puissance passe par l’attribution de points d’expérience en fonction de vos catégories privilégiées (vitalité, force, magie, etc…), de points de compétences (Ninjutsu, magie, coups spéciaux, etc…), mais également par le loot et l’upgrade d’un attirail conséquent. Là encore, la recette a été éprouvé maintes fois mais s’enrichie de quelques nouveautés. L’association d’esprit en est une : en fusionnant avec une divinité, elle offre des statistiques supplémentaires et la possibilité d'entrer en mode « furie » l’espace de quelques secondes. Etat de transe variant selon la chimère sélectionnée. Notez aussi la présence d’un dojo, d’une forge, et pleins de petits détails que je vous laisserai découvrir par vous-même sous peine de rebuter tous les lecteurs par la longueur de ce pavé !
Au cœur de l’action Nioh se veut encore plus technique que son modèle. En effet, outre le patern d’attaque différent selon le type d’arme équipé (sabre, lance, hache, tonfa, etc...), il impose aussi la prise en compte d’un jeu de posture en temps réel : basse, moyenne, ou forte. Un équilibre supplémentaire à trouver en fonction de l’adversaire qui, associé à votre maitrise de l’esquive, la gestion de son Ki et de la jauge d’endurance, devrait vous permettre d’assister à la fin du jeu sans trop de sueur. Rassurez-vous, les DLCs (youpi !) viendront punir les insolents et recueillir vos fluides corporels tant le niveau de difficulté monte encore d’un cran… Transition facile : la durée de vie se révèle bien évidemment très généreuse, avec une épopée longue et garnie en missions bonus. Sans oublier d’insister sur le NG+, histoire de rehausser le labeur général (sinon les boules de pétanques dans le fion ça marche aussi).
Initialement programmé pour la Playstation 3, Nioh ne brille pas spécialement par sa technique. Si l’animation, la fluidité, les effets visuels et la modélisation des personnages se révèlent de très bonne facture, l'ensemble apparaît en deçà des standards de la console. Bonifiée par une direction artistique d’excellent gout, la réalisation séduit malgré tout et réserve quelques beaux moments de contemplation. En même temps, difficile de se planter avec le charme intemporel du contexte en vigueur et cette période si prisée de l’histoire. Enfin, la bande son et le doublage Japonais apportent un cachet sonore très agréable, renforts de luxes d’une ambiance exceptionnelle.
Tamponné du « Label Team Ninja » et assumant à sa manière l’aspect « Souls-like », Nioh impose sans mal ses qualités à l’écran. Dopé par un gameplay nerveux, complet, exigeant et immersif, le tout fonctionne à merveille ! Les quelques imprécisions techniques ne nuisent aucunement au plaisir de jeu, et la superbe direction artistique associée à la qualité du level-design sont des facteurs de motivation supplémentaires devant le challenge parfois exacerbé. Un investissement personnel conséquent mais à la hauteur de l’expérience proposée : simplement géniale et parmi les plus marquantes de la console. Arigato gozaimasu.
Franz26 a dit (31 Octobre 2020 à 18:26)
Bof non pas spécialement, TTA une semaine sur deux, mais contrairement à notre gon national pour moi TTA ne veut pas dire RTT officieux : j'ai du taff ! (et j'ai de la chance). Arrivant au bout de Nioh (enfin me reste les DLCs), je passe à un autre genre et ravive de grands souvenirs. ;) Ah, ère 16 et 32 bits, époque bénie du J-RPG et de Squaresoft.
Franz26 a dit (30 Octobre 2020 à 19:24)
Moyenne 13,3 pour la version PSP, contre 18,7 pour l'orignal... Il est grand temps que je refasse FFT afin de vite rehausser la note de ce titre d'anthologie, figurant dans mon panthéon du JV. A moins que cette version PSP (cinématiques et traduction retravaillée) ne cache une vraie mauvaise surprise. J'en doute fortement. Affaire à suivre !
Franz26 a dit (20 Septembre 2020 à 14:16)
C'est toujours un plaisir que de t'inciter à dépenser l'argent du pauvre contribuable. Escroc.
Franz26 a dit (20 Septembre 2020 à 08:33)
Alors que les fans déplorent le long sommeil de la franchise Advance Wars, Intelligent System se concentrant sur les non moins géniaux Fire Emblem, le petit studio Chucklefish vient consoler nos âmes en peine avec un clone assumé de la licence. Une sortie physique sur Switch plus tard, le mode nomade de la tablette convenant parfaitement au genre, et me voici à espérer de tout mon cœur. Vais-je revivre une expérience à la hauteur de mes plus belles heures sur GBA et Nintendo DS ? Un fantasme fortement improbable, et pourtant…
Cinq minutes. C’est le temps nécessaire, une fois passé la jolie introduction animée suivi du prologue, pour faire le rapprochement avec Advance Wars. Wargroove reprend sans détour le gameplay millimétré du maître, contexte mis à part : place à un monde Heroic-Fantasy où les cavaliers, golems, archers, magiciens, balistes et dragons remplacent les unités de guerre contemporaines. Pour le reste, à quelques subtilités près, c’est du pareil au même ! Chaque mission demandera de mener à bien un objectif précis, souvent cantonné à la capture de la base ennemie ou à la défaite du général adverse. A vous d’user intelligemment des éléments en place pour mener vos troupes à la victoire. Ainsi, la capture des bases et des forteresses aux emplacements stratégiques sera souvent moteur de succès, à condition de ne pas négliger le type de terrain et le placement de vos unités sur l’échiquier. Ces dernières obéissent évidemment à un principe de forces et faiblesses : envoyer vos piquiers sur la cavalerie ennemie engendrera de juteuses lasagnes Findus, mais la première unité aérienne du coin fauchera vos hommes sans pitié. Derrière cet exemple primaire se cache une réelle science du placement et de l’analyse, où le circuit de chaque adversaire doit être pris en compte afin d’assurer une réponse adaptée et une couverture permanente. Utilisé au bon moment les pouvoirs des différents généraux peuvent également influencer l’équilibre d’une bataille, et, une fois tous ses éléments maîtrisés, vous serez devenu un impitoyable maitre de guerre.
Si terminer le jeu se révèle à la portée de tous, obtenir les meilleurs grades nécessite une bonne anticipation et une prise de risque parfaitement calculée. A ce sujet Wargroove peine à trouver un équilibre, et malgré un premier tiers plutôt docile le challenge monte brutalement (en mode difficile j’entends). En résulte une durée de vie conséquente, composée d’une campagne travaillée, d’un mode arcade, en ligne, ou encore d’énigmes à résoudre en un seul tour (passionnant !). Histoire d’enfoncer le clou, nous est proposé gratuitement un très bon DLC, introduisant de nouveaux héros à travers une petite campagne originale. Comptez au bas mot 50 heures de jeu avant d’en faire le tour hors ligne, même si un soupçon de lassitude risque de se faire sentir entre temps. Car bien qu’excellent le gameplay de Wargroove se veut toutefois moins addictif que celui de son modèle, manquant d’un soupçon de maitrise et de savoir-faire en matière de level-design.
Techniquement, Wargroove use d’un style rétro en pixel-art très sympathique. Les sprites sont mignons tout plein et c’est un plaisir d’assister à quelques minutes de cinématiques entre chaque mission. D’autant que le ton général ne se prend pas au sérieux, donnant allégrement dans le second degré et l’autodérision. Le génial character-design n’est pas étranger à ce constat, confortant ainsi une ambiance agréable et bon enfant. La bande son vient également pérenniser cet excellent verdict, avec des compositions entrainantes et assez peu répétitives. Performance à souligner, puisqu'il sera courant de batailler plus d'une heure avec un thème musical unique en fond sonore…
En attendant le grand retour du maitre (l’espoir fait vivre), Wargroove se présente comme une alternative de choix et ravira tous les amateurs en manque d’Advance Wars. Ne pas y trouver son compte relèverait de la mauvaise foi tant l’inspiration des développeurs est évidente. Si un léger manque de profondeur et une pointe de redondance finissent par porter préjudice au titre, il n’en reste pas moins un excellent tactical, bien maitrisé et fichtrement efficace. Foncez !
Franz26 a dit (07 Août 2020 à 07:50)
Derrières ses airs de Triple A, Hellblade résulte en réalité d’un projet modeste piloté par le petit studio Ninja Theory. Difficile à croire lorsque s’affiche l’esthétique léchée du titre, qui n’a pas à rougir devant les plus beaux jeux de cette génération ! Mais la technique ne déterminant pas la qualité globale d’un jeu, voyons-voir ce que vaut réellement Hellblade : Senua’s Sacrifice. Âmes sensibles s’abstenir : un périple sombre, malsain et psychotique nous attend…
« Pour une expérience sonore Hellblade optimale, nous vous conseillons d'utiliser un casque audio » La consigne donnée par les développeurs sur l’écran titre annonce la couleur. Une habitude déjà acquise pour la plupart de mes sessions gaming, mais qui se révèle ici indispensable tant le travail sonore sur Hellblade a été étudié. Car d’entrée la jeune Senua se présente comme une petite schizophrène en herbe, torturée par des hallucinations auditives et visuelles. Ce contexte sonore pesant trouve évidemment écho dans la direction artistique du titre, au rendu terne, granuleux et saturé, au profit d’une atmosphère angoissante. En effet, c’est un univers Nordique horrifique, malsain et corrompu qui nous est minutieusement exposé, perverti par la vision d’une héroïne traumatisée et mentalement instable. Trimbaler la tête découpée d’un défunt amant afin de sauver son âme ne semblant pas être une thérapie des plus adaptée à la situation, plutôt déstabilisante pour le joueur ! Et c’est bien là le gros point fort du jeu, qui nous immerge dans ce monde hors-norme où se superpose le tangible et l’irréel, privé de nos repères, en spectateur d’une quête autodestructrice troublante. Ambiance exceptionnelle garantie.
Cette immersion est malheureusement freinée par un gameplay en demi-teinte, découpé en deux phases distinctes : l’une dédiée à l’exploration et à la résolution d’énigmes sympathiques, souvent à base de runes et de jeux sur les perspectives, l’autre centrée sur les combats. Des affrontements basiques axés sur un système de parade et d’esquive, pour ensuite enchaîner quelques coups et répéter inlassablement (ou pas) l’opération. Un miroir mystique permet de ralentir le temps un cours instant pour faciliter le travail, mais rien d'autre ne viendra embellir la copie. S’ajoute à ce fade constat l’incroyable lourdeur de la miss, déjà pénalisante dans les phases d’exploration, et une caméra médiocre qui ne couvre jamais l’action dans votre dos. Pas folichon, et ce ne sont pas les quelques boss présents qui viendront renouveler la dynamique générale.
Comme évoqué dans l’introduction, la réalisation du titre impressionne et présente des textures et des jeux de lumières somptueux. La modélisation de l’héroïne se révèle également bluffante, avec une qualité d’expression du visage rarement atteinte. La terreur et la détresse du personnage passent également par des distorsions du champ visuel (flou, ténèbres, etc…), et on sent vraiment la volonté d’expérimentation des développeurs. L’aspect ludique n’est donc pas le point fort d’Hellblade : Senua’s Sacrifice, qui se veut avant tout une expérience sensorielle hallucinante. Visuelle, je viens de le souligner, mais aussi auditive avec toute cette dimension psychique et ses voix intérieures qui résonnent encore dans ma tête à l’heure où j’écris ces lignes ! Et si la trame se devine dès les premières minutes de jeu, la quête n’en reste pas moins très immersive et savamment narrée. Compte-tenu de son statut d’indépendant (jeu à petit prix), Hellblade se dote d’une durée de vie convenable avoisinant la dizaine d’heures. Notez que le narrateur menace sournoisement d’effacer définitivement notre progression en cas de morts répétés, mais le challenge somme toute relatif de l’aventure rend cet avertissement difficile à vérifier.
Au final, c’est bien un gameplay sans réelle saveur qui vient pénaliser les ambitions du titre. Si ce périmètre avait bénéficié d’un peu plus d’inspiration, ou en optant pour une orientation différente (quitte à se rapprocher encore plus du jeu narratif, vu la linéarité et l’abondance de cinématiques…), Hellblade : Senua’s Sacrifice aurait probablement décroché les étoiles. Le verdict final sera simplement très bon, porté par une réalisation impeccable et une bande son démentielle au service d’une atmosphère singulière morbide transpirant la putréfaction. En résulte un périple marquant aux confins de la folie humaine, avec un traitement de la psychose assez incroyable. Bien que perfectible, l’expérience globale vaut le détour et ne laissera personne indifférent.
Franz26 a dit (04 Août 2020 à 07:54)
En contemplant la jaquette PAL du soft, sans respect aucun pour le magnifique character-design d’origine, c’est un peu comme si un pan de l’histoire de jeu vidéo se tenait devant mes yeux. Phantasy Star IV, chant du cygne d’une saga mythique désormais perdue dans les abîmes depuis son orientation MMO. Un titre légendaire, considéré plus accessible que ses aînés tout en figurant parmi les plus beaux jeux de la Megadrive : porte d’entrée à priori idéale pour enfin découvrir cette immense licence, faisant encore défaut à mon humble palmarès.
Années 90, alors que la Super Nes enchaîne les J-RPG mémorables principalement sous l’effigie de Square et d’Enix, les fans de Sega peuvent se consoler avec la grande saga des Phantasy Star. Ce quatrième opus sous-titré « The End of the Millennium » s’insère dans la mythologie développée par les deux premiers volets mais peut tout à fait se vivre comme une expérience unique (au détriment de quelques références et notions de background). Bien que je m’inscrive dans ce contexte, l’aventure débute sans tergiverser et nous immerge dans la peau de Chaz, jeune membre de la guilde des chasseurs. C’est au cours d’une mission lambda, alors que des monstres de plus en plus puissants apparaissent de façon répétée, que va se dessiner la menace Zio. Énigmatique personnage aux sombres intentions, ce charismatique magicien noir n’est pourtant que la partie émergée de l’iceberg, et très vite votre périple prendra une dimension biblique démesurée. Si le scénario reste assez convenu et très manichéen, il assure un voyage dépaysant aux confins du système solaire d'Algol, et permet de se plonger efficacement dans l’univers de Phantasy Star IV.
A ce propos, le titre de Sega mélange avec brio l’Heroic-Fantasy et la science-fiction, où les vestiges d’une société avancée régissent encore le mode de vie des habitants. Villages moyenâgeux, cavernes obscures et donjons délabrés, laissent régulièrement leur place à des structures mécaniques d'un temps révolu. Androïdes, véhicules et équipements futuristes sont également de la partie, et accentuent la richesse de cet univers séduisant. Un monde matérialisé à l’écran de fort belle manière tant la Megadrive puise dans ses réserves (merci la cartouche boostée !). Si la finesse des décors n’excitera pas les rétines habituées aux plus belles productions 16 bits, la modélisation des sprites et les animations de combat se révèle assez bluffante. Mention spéciale à certains boss majeurs, immenses et largement mis en avant par la vue subjective des affrontements. Soulignons aussi les magnifiques encarts fixes ponctuant les dialogues importants, qui viennent se superposer à l'écran tel une bande dessinée.
Adoptant un système au tour par tour, Phantasy Star IV reprend les mécaniques bien connues du genre : jauge de vie, de magie, icônes pour attaquer, se défendre, utiliser des objets, des sorts ou des attaques spéciales propres à chaque personnage. S’ajoute un système d’attaque combinées (dévastatrices !) pour que votre équipe, pouvant accueillir jusqu’à 5 combattants simultanément, ne soit que rarement prise au dépourvu. Notez le concept de macro fort pratique, offrant la possibilité de paramétrer automatiquement les actions de chaque personnage en vue d’accélérer les batailles (ou pour lancer une attaque combinée précédemment mémorisée). L’expérience engrangée et le traditionnel bal des équipements de plus en plus vénères octroient une montée en puissance rapide, et le titre ne réserve au final que peu de résistance. Je suspecte fortement Sega Europe d’avoir simplifié le tout pour les pauvres péons que nous sommes… En résulte une durée de vie honnête, sans fioritures (les 8 quêtes annexes du jeu sont disponibles à la guilde des chasseurs), au profit d’un rythme soutenu.
Malheureusement cet aparté sur le contenu n’éclipsera pas un défaut majeur du gameplay : l’imbuvable gestion de l’inventaire ! Très limité, sans possibilité d’organisation ni la moindre explication sur l’effet de l’objet (ou du sort) pointé, il ruine un peu le confort de jeu. Certes, le livret remédie partiellement à ce problème, mais n’excuse en rien ce fâcheux manque de lisibilité. Et l’absence d’une map-monde, pourtant le béaba du genre, ne viendra pas compenser cette lacune. Histoire de ne pas finir sur un aspect négatif, niveau sonore Phantasy Star IV se dote de mélodies entraînantes et d’un sound design réussi. Loin de la complexité millimétrée et de la puissance de ses meilleurs concurrents (Square et Enix, toujours), la bande son fait son petit effet et accompagne notre épopée interplanétaire avec brio.
Malgré toutes ces éloges, compte-tenu de la note attribuée, les trois lecteurs du fond auront bien compris que Phantasy Star IV n’a pas émoustillé outre mesure mes sens de joueur. Que les fans n’utilisent pas l’écart générationnel (ou des goûts de chiottes) pour expliquer ce verdict (somme toute excellent), puisque bon nombre de mes RPGs fétiches sont des titres 16 bits découverts sur le tard. Chrono Trigger, Final Fantasy VI, Rudra no Hihou, etc… l’ancienne école Squaresoft que voulez-vous. Ainsi, les nombreuses qualités et le charme old-school de ce quatrième volet ne me feront pas adhérer au culte Phantasy Star. Impossible toutefois de ne pas lui reconnaître un arôme savoureux malgré une cuvée bientôt trentenaire, et ce RPG mythique diablement efficace m’aura offert quelques heures nostalgiques enivrantes. Un petit voyage dans le temps, renvoyant aux beaux jours de Sega et de l’histoire du RPG.
Franz26 a dit (08 Juillet 2020 à 07:44)
Début 2014, Nintendo enchaîne les cartouches maison pour éviter à la Wii U un funeste destin. C’est au tour de la célèbre mascotte poilue - « Ouaf !! » Ah mais coucouche-panier Gon, lâche cette pantoufle bon sang ! - d’apporter sa contribution à une timide ludothèque. S’il ne sauvera pas la console de l’échec commercial, que vaut le dernier opus en date de la mythique saga Donkey Kong Country ?
Comme beaucoup, je voue un grand affect à cette franchise qui accompagne mes joutes vidéoludiques depuis ma plus tendre enfance. Outre les spins-off et le volet Nintendo 64, la série, désormais entre les mains de Rétro Studio, perpétue de surcroît la tradition chère à mon cœur du jeu de plates-formes 2D. Les bases sont saines et m’enivrent déjà de nostalgie : rentrons dans le vif du sujet.
Une fois la manette pro en main (à privilégier), une pointe d’irritation vient atténuer cet élan d’enthousiasme : Donkey accuse le poids des bananes englouties et, outre sa relative lenteur, étale une inertie houleuse et source d’approximation. Problématique pour un jeu exigeant, où précision et timing sont les facteurs clés du succès. Heureusement, au prix d’un petit temps d’adaptation, le primate fini par s’apprivoiser, dévoilant ainsi toute la richesse du gameplay malgré une première impression en demi-teinte. Le plaisir de jeu vient ensuite naturellement, poussé par un level design de génie et une direction artistique tout aussi grandiose (mais nous reviendrons sur ce dernier point un peu plus loin). Sans révolutionner le genre, DKC Tropical Freeze présente des phases de gameplay variées et des mécaniques qui fonctionnent à merveille. Une fois encore, Donkey peut compter sur ses amis pour faciliter sa progression : Diddy, Dixie, et Krank sont bien de la partie. Des compères aux capacités propres à exploiter selon la situation, qui viennent prendre place sur vos épaules et par l’occasion doubler vos cœurs de vie une fois leur tonneau détruit. On notera aussi la timide présence de Rambi le Rhino, seul renfort secondaire ayant répondu à l’invitation.
Considéré comme un jeu très difficile orienté Die & Retry, ce dernier né de la saga s’adresse aux joueurs avertis. Une réputation somme toute exagérée car en réalité la difficulté n’a rien d’insurmontable. Les vies sont distribuées comme des petits pains, les niveaux dévoilent des checkpoints réguliers, et moyennant finance il est possible d’équiper des items bonus temporaires pour les moins scrupuleux d’entre vous (cœur de vie supplémentaire, potion d'invincibilité, droit à une chute mortelle, etc…) Certes, le titre se veut exigeant et ne laisse place qu’à une minuscule marge d’erreur, mais pas de quoi crier au loup. Le vrai challenge réside d’ailleurs dans la collecte de toutes les pièces de puzzles et des lettres K.O.N.G parsemant les stages, imposant souvent plusieurs revisites des niveaux. S’ajoute les désormais célèbres « Temples DK » (stages bonus hardcore) et une île aérienne post-game (encore pire !), histoire de renforcer une durée de vie à toute épreuve. C’est donc avec une pointe de fierté et quelques larmes de sang que l’on atteint les 100% de progression au compteur.
DKC Tropical Freeze brille aussi par son cadre visuel enchanteur. A travers une 3D fine et chatoyante où les éléments s'animent à la perfection, s’exhibe une direction artistique somptueuse à l’inspiration sans faille. Chaque niveau propose un cachet envoûtant et offre un enchevêtrement de détails impressionnants au service d’un design exceptionnel. En résulte une ambiance très plaisante, où les mimiques hilarantes des protagonistes et les comiques de situation ajoutent au fun un humour Cartoon détonant. Une contribution non négligeable au plaisir de jeu, et avant d’aborder la bande son les petites imperfections relevées au début sont déjà derrière nous.
Cet opus Wii U marque aussi le retour de David Wise aux baguettes. Sans égaler son travail d’orfèvre orchestré sur les deux premiers opus Super Nes, le monsieur nous offre une bande son inspirée n’ayant pas à rougir de la comparaison. Des thèmes variés sachant jongler en fonction du contexte du stage, tout en assurant quelques élans majestueux et nostalgiques. Du bel ouvrage.
En conclusion, Retro Studio nous gratifie d’un nouvel opus génial, qui joue la sécurité et apporte finalement peu de nouveautés par rapport au DKC Returns de la Wii. On boudera discrètement devant les combats de boss assez longuets et manquant d’intensité, histoire de nuancer le verdict final auquel il ne manque pas grand-chose pour côtoyer les plus grands du genre. Donkey Kong Country : Tropical Freeze n’en reste pas moins à la hauteur de son héritage légendaire, et devrait combler tous les amateurs de plates-formes. Une belle exclusivité Wii U, désormais disponible sur Switch pour les retardataires. Plus d’excuses, foncez !