Franz26 a dit (09 Février 2021 à 07:55)
Au croisement de deux générations de consoles tel Twilight Princess en son temps, Breath of The Wild débarque simultanément sur Wii U et Nintendo Switch. Plombée par son cuisant échec commercial, la Wii U se voit privé d’un Zelda exclusif (même si les remasters de WW et TP furent une bénédiction) et doit partager la gloire avec sa petite sœur, impatiente de redorer le blason Nintendo. O impitoyable politique interne… Mais qu’importe le support et les concessions techniques : lorsque Link reprend du service, on la ferme et on savoure. D’autant plus si la licence ose le renouveau.
Libertééééééé ! Comme dirait la couille gauche de Mel Gibson. Un maitre mot souvent à l’honneur avec les Zelda, mais qui prend ici tout son sens par l’intermédiaire d’un vrai Open World. Concept à la mode depuis quelques années, porté par d’immenses succès critiques et financiers tel que GTA V, RDR 2, ou l’incontournable The Witcher III. Sortez-moi le con du fond qui a dit « Cyberpunk 2077 », merci (rendez-vous pour la GOTY débuggée sur PS5) ! Bref, lâché sans préavis au sein d’un monde d’Hyrule plus vaste et ambitieux que jamais, notre Link amnésique va tenter de rétablir l’ordre et vaincre les forces du Chaos. Après quelques heures de mise en bouche durant lesquelles vous récupérerez l’essentiel de vos pouvoirs, la suite ne dépendra que de vous ! Affublé d’une pimpante tunique bleue cassant encore davantage les codes de la série, il est grand temps de partir à l’aventure. Affranchi de toute linéarité.
Un périple plutôt champêtre aux premiers abords, voyant un Link démuni se lancer à la découverte d’un Hyrule sauvage et méconnaissable où subsiste timidement quelques bastions de civilisation. L’indispensable tablette Sheikah, smartphone des temps anciens, viendra heureusement épauler notre jeune héros en servant notamment de journal de bord et de mappemonde. Cette dernière ne se dévoilera que par segments, une fois l’ascension de la tour du secteur menée à bien. Imposantes, elles balisent en quelque sorte la progression et offrent un panorama vertigineux sur les alentours en quête de points d’intérêts. Les principaux se matérialisent sous la forme de sanctuaires : salles à énigmes ou petits défis qui permettent d’obtenir de précieux emblèmes du triomphe, se monnayant ensuite contre des cœurs de vie supplémentaires ou un upgrade de la jauge d’endurance. De quoi récompenser l’exploration, également soutenue par la recherche des noix Korogu (nécessaires pour augmenter la capacité de l’inventaire), coffres cachés, repaires ennemis et sous-quêtes (à la con) en tout genre ! Un contenu gargantuesque, presque vertigineux, qui assure évidemment une durée de vie à toute épreuve. Attention toutefois, passé l’intérêt des sanctuaires secrets et l’émerveillement due à la direction artistique -nous y reviendrons- une pointe de lassitude finira forcement par titiller les moins curieux. Open-World oblige, on n’échappe pas à de longues traversées de vide ou de recherche infructueuse. Une épopée non linéaire laissée totalement à l’appréciation du joueur, et si l’on peut se contenter d’un périple rectiligne centré sur les quatre donjons majeurs, l’ambition du titre est clairement de nous aspirer corps et âme dans ce bac à sable géant.
Non exempt de défauts malgré une générosité débordante, l’univers de BOTW profite d’une construction remarquable. Porté par une réalisation en Cell Shading un peu datée mais pleine de charme, il bénéficie surtout d’un level design exemplaire jouant de la verticalité. Car dans cet opus Link s’improvise as de la grimpette et se lancera à l’assaut de la moindre paroi praticable, désireux de glaner un peu de hauteur et de recul à la recherche de trésors divers et variés. La prise d’altitude permet également de tirer parti de la voile de Link, et s’élancer d’une cime pour rejoindre plus facilement un point difficile d’accès par le sol sera monnaie courante. Bien évidemment ces phases de grimpettes sont régies par une jauge d’endurance capricieuse… ainsi que par les aléas de la météo : gare à la pluie !
Dans BOTW le crafting, tant pour la récolte de provisions (la chasse et la cuisine permettent de restaurer son énergie et génèrent ainsi un petit côté « survivaliste ») que de pièces d’équipement, monopolisera une bonne partie de votre attention. En effet, les armes sont soumises à une jauge de résistance et auront vite fait de se briser sous l’usure. Il faudra donc veiller à renouveler constamment son stock d’épées, de lances, de boucliers ou d’arcs afin de ne jamais tomber en rade. En parallèle, les combats se révèlent plutôt basique et manquent d’inspiration malgré un système d’esquive et de parade parfaite. Seulement 4 « vrais » boss à l’issu des donjons principaux, Ganon en dessert, et ce ne sont pas les quelques ennemis plus retors que la moyenne (type cyclopes ou centaures) qui apporteront du piment et de la consistance aux affrontements, vite relégués au second plan.
A la base développé pour la Wii U, il est clair que Breath of the Wild vous éblouira davantage par sa direction artistique inspirée que sa technique pure. Il profite néanmoins d’effets de lumières saisissants et d’un jeu météorologique en temps réel assez bluffant. Quelques chutes de framerate s’incrustent de temps en temps, mais rien de bien méchant. Niveau sonore la franchise nous a habitué à mieux, et la majorité des thèmes se font discrets au profit des bruitages environnants. Un choix plutôt judicieux et qui accentue l’immersion dans ces terres désolées. Quelques élans mélancoliques ou épiques viennent enrichir une atmosphère emplie de poésie et conforter cette ambiance exceptionnelle au sound design familier.
On passera rapidement sur l‘histoire, encore plus en retrait qu’à l’accoutumé. Si la quête des souvenirs de Link permet de dénouer en partie les évènements passés, difficile de ne pas rester sur sa faim devant cette trame scénaristique bien maigre. Néanmoins, l’aura mystérieuse qui entoure le lore de BOTW se suffit à elle-même, et si l’aventure manque d’un fil conducteur solide elle n’en reste pas moins délectable. Très vite la soif d’exploration monte à la tête, et la richesse de ces terres sauvages se dévoile avec subtilité. En résulte des dizaines d’heures de jeu à la clé avant de voir le bout des 120 sanctuaires et des nombreuses quêtes annexes. Deux DLCs viendront ajouter un peu de gras à ce festin déjà copieux : et c’est le doigt ! J’ai évidemment fais l’impasse sur ce contenu additionnel et cette pratique de putain (surtout de la part de Nintendo envers une de ses licences phares), largement rassasié par l’aventure principale.
Nul doute, The Legend of Zelda : Breath of the Wild est une immense réussite. En changeant de recette sans dénaturer les fondamentaux, Nintendo pousse l’essence même de la saga à son paroxysme et offre aux joueurs une quête inoubliable, concentré d’aventure et véritable ode à l’exploration. S’ensuit des mécaniques et un concept pensés sur la base d’un monde ouvert, avec ses avantages et ses inconvénients. Ces derniers restent toutefois minoritaires, voir anecdotiques, et l'alchimie fonctionne à merveille ! A défaut de lui octroyer une note parfaite ou approchant, la presse spécialisée et la majorité des joueurs ayant un peu surcoté le titre à mon gout, Breath of The Wild n’a pas usurpé sa réputation et se hisse parmi les meilleurs volets de la franchise. Tout simplement génial, et de quoi lancer dignement mon « millésime gaming » 2021.
maelle-92 a dit (08 Février 2021 à 12:37)
Un très bon jeu, de très bon graphismes. Cependant pas aussi bon que GOW 3 malgré que ce ne soit pas le même genre de jeu (passé de beat them all à RPG), je trouve que pour un vieux Kratos le mode rpg lui convient plutôt bien. Les combats sont trop scénarisés et j'ai eu du mal à trouver de l'intérêt à l'histoire de son fils et de leur voyage. En finissant l'histoire, j'ai eu l'impression d'avoir fini l'introduction pour le prochain jeu et de pas avoir vraiment commencé à jouer. Les combats avec les valkyries sont les seuls que je trouve vraiment bien avec de la vrai difficulté sans forcément avoir besoin de changer dans les paramètres.
J'attends de voir la suite en 2021 (?) et ce que Atreus et Kratos nous réservent
Benben a dit (08 Février 2021 à 09:29)
Va falloir que je commence à me faire rémunérer par Supermassive Games, je deviens un influenceur... sur Seriebox ah ah ah !
Blague à part, eskhan84, si tu aimes les rogue-lite, et les beat'em'all, si tu aimes Diablo, et les vues isométriques, si tu aimes les jeux nerveux... fonce ! Je crois qu'Hadès est encore en promo sur le Nintendo eShop en plus :)
Benben a dit (06 Février 2021 à 13:34)
C'est noté ! Faudra avoir le clic à la vitesse de la lumière pour chopper cette release si elle a lieu un jour :)
Franz26 a dit (06 Février 2021 à 08:34)
Elle donne envie cette review benben !! Dès que tu vois tourner une version physique pigeon Limited Run, tu peux doublonner la commande. ;)
Benben a dit (04 Février 2021 à 14:42)
Tiens, encore un jeu indépendant, financé par les joueurs et les joueuses, à accrocher à mon tableau de chasse ! Décidément, cet univers du jeu vidéo prend de plus en plus de place dans mon expérience. Ce qui n'est pas pour me déplaire, car je tombe -presque- à chaque fois sur de véritables pépites. Certes, des milliers de personnes ont déjà poncé le terrain avant moi et la réputation de ces "petits" jeux les précède avant que je ne pose mes fines paluches dessus. C'est donc sans risque que je me suis jeté sur Hades, de SuperGiant Games, un rogue-lite (version tranquille du rogue-like) en vue isométrique qui nous plonge dans les enfers antiques de l'Olympe.
Où l'on incarne Zagreus, le fils d'Hades, dieu des Enfers, qui en a marre d'être confiné dans le royaume de son père, et décide, sans attestation, de braver tous les interdits pour rejoindre la surface. Pour cela, il faudra traverser Tartarus, Asphodel, Elysium, et le Styx. Bref, toutes les étapes qui séparent le monde des vivants de celui des morts.
L'Odyssée du rejeton du patron des décédés se fera au rythme des multiples échecs qui le renverront tout droit à la case départ : la sortie du Styx, avec les âmes fraîchement arrivées dans l'au-delà. Car dans Hades, tout est fait pour inciter à recommencer mais sans jamais refaire pareil. Je m'explique.
Chaque tentative de sortie de Zagreus débutera par le choix des armes. Au nombre de 6, elles seront déblocables avec la progression dans l'histoire, et proposent chacune 3 variantes. Chaque arme influe drastiquement sur la manière de jouer et change radicalement d'une tentative à l'autre. Après avoir choisi son arme, on peut sélectionner un objet présent dans notre coffre-fort pour influer sur la partie : faire plus de dégâts aux ennemis situés au loin, ou bien pouvoir faire apparaitre des soins aléatoirement... Une quinzaine d'objets sont à débloquer. Ensuite, débute la sortie de Zagreus. Chaque niveau (on compte donc 4 niveaux si vous avez suivi) des enfers est divisé en plusieurs arènes qui vont sur succéder de manière procédurale et aléatoire, avec à l'issue de chaque arène, un bonus à gagner. Ce bonus peut prendre la forme d'une bénédiction provenant de l'un des nombreux occupants de l'Olympe, qui durera jusqu'au trépas de Zagreus, ou bien celle d'un objet que l'on pourra emporter avec soi même dans la mort, et permettant d'améliorer les statistiques du personnage, de ses armes, etc... Les bonus divins pouvant parfois donner lieu à des duos dévastateurs, à des invocations, et ayant des niveaux de rareté (rare, épique, légendaire, héroïque), autant dire que là aussi on a largement de quoi diversifier chaque partie. Toutes les 6 à 8 arènes, un boss tentera de vous occire, et si vous sortez victorieux du combat, c'est direction l'escalier vers la surface.
Le système de jeu est simple : le stick gauche pour avancer ou reculer, le droit pour se diriger, une touche pour donner un coup, une touche pour donner un coup spécial, une touche pour effectuer un dash, et une touche pour lancer une orbe de sang. Toutes ces actions font des dégâts. Toutes. Et toutes ces actions sont modifiables avec les bonus divins. Vous l'aurez compris, c'est la foire à la chair à saucisse et il va falloir défourailler sans gène aucune dans les hordes d'ennemis qui vont se dresser sur votre chemin. Un système simple mais peaufiné à l'extrême. Les combats sont plein de rythme, gracieux, violents et absolument jouissifs. Et gare aux pièges qui parsèment les arènes, ou aux mini-boss aléatoires.
Selon votre chance, vous pourrez monter un personnage inarretable et rouler sur votre traversée. Mais la plupart du temps, il faudra prouver qu'on a appris à maitriser tous les tenants et aboutissants pour arriver à sortir des enfers.
Si la barre de vie de Zagreus s'épuise, on retourne donc chez papa, qui se gaussera fièrement de la l'échec dérisoire de son fils. Mais chaque retour au bercail est donc l'occasion d'engager des conversations avec les occupants du domaine d'Hades, de débloquer des mini-quêtes annexes, et d'utiliser les objets rapportés avec soi pour améliorer les capacités du héros.
Grâce à toutes les combinaisons possibles, ce qui pourrait être redondant devient génial à refaire en boucle. Ne serait-ce que pour la courbe de progression qui ne cesse d'augmenter avec chaque nouvel essai, et qui donne cette sensation d'être de plus en plus puissant. Se pose aussi l'envie de récupérer les clés, ténèbres, diamants et nectar, permettant de découvrir petit à petit tous les secrets que recèle cet excellent titre à la durée de vie plus que conséquente.
Côté immersion, il y a de quoi être ravi(e)s puisque si le scénario reste simple, tout ce qui l'entoure donne une profondeur insondable au jeu. Les PNJ sont bavards et doublés avec le plus grand soin, côté esthétique, direction artistique et création des personnages, c'est un délice. Dialoguer avec ce panthéon garde tout son intérêt de la première à la dernière minute. L'écriture, tout en légèreté, propose énormément de moments drôles et rafraîchissants, mais également quelques passages plus matures, voire tragiques. La palette de couleurs qui embellit les différents niveaux, les détails qui fourmillent dans les décors... et bien évidemment les musiques du jeu, tout concourt à donner à Hades ses lettres de noblesse et en font un titre véritablement complet en tous points. Deux pistes de la bande-son ont même le privilège d'être sublimement chantées par des personnages bien connus de la mythologie grecque. Elles sont assez belles pour valoir une petite pause le temps de profiter d'une douce mélodie sur le chemin du massacre.
Vous l'aurez compris, Hades est un jeu génial. Pour chercher la petite bête je pourrais lui reprocher certains passages brouillon lorsque beaucoup d'ennemis sont à l'écran et qu'on en perd de vue Zagreus, ou encore le fait que les arènes sont trop peu nombreuses et pas réellement générées de manière totalement procédurale (l'architecture des arènes se divise en réalité en 5 ou 6 modèles par niveau et on retrouvera donc à chaque traversée, des arènes que l'on a déjà vu précédemment). Mais c'est bien peu de choses par rapport au plaisir que procurent chaque partie jouée sur Hades.
Cragger a dit (03 Février 2021 à 16:14)
Avec un PC bien équipé, le jeu est MAGNIFIQUE et c'est que du bonheur. J'ai rarement pris autant mon pied à regarder tous les détails (les costumes, les visages, les véhicules, la verticalité du monde, spots publicitaires, affiches, etc). Même les mûrs sont détaillés...
Les bars sont impressionnants tant par leurs détails que leurs ambiances.
Le feeling des armes est top. La conduite des véhicules est très bien hormis pour une seule voiture où je n'arrêtais pas de faire des têtes à queue dans chaque virage.
Après c'est certain, avec une PS4 ou Xbox, faut pas rêver non plus..Le père Noël n'existe pas. Et aussi doués soient les développeurs, graphiquement, ça ne sera pas terrible dans le meilleur des cas. Le jeu est trop riche pour ces consoles là mais on peut espérer quelque chose de bien avec les PS5/Xbox Series X.
Sinon, bien évidemment, j'ai rencontré plusieurs bugs : textures / gameplay / etc. Certains m'ont même obligé à relancer une sauvegarde. Mais bon, pas delà à crier au scandale et à lyncher Cd projekt de la sorte. Les points positifs l'emportent largement sur les négatifs pour la version PC.
Mon seul regret est une mission principale bien trop courte et je vous conseille donc d'avancer au max les quêtes secondaires et annexes avant.
Il me tarde déjà les prochains DLC, qui je l'espère, rajouteront de belles histoires et peut être une nouvelle zone sur la map. Tout dépend sur combien de temps, Cd Projekt souhaite faire durer leur jeu.
Dans tous les cas, Night City ne dort jamais !
Benben a dit (03 Février 2021 à 08:09)
My body is ready
Franz26 a dit (02 Février 2021 à 07:53)
Benben => va falloir s'y mettre mon poulet ! Ca fait quoi, 3 ans qu'on a fait le premier ? Si re-confinement le WE, je suis chaud !