Franz26 a dit (15 Février 2022 à 07:55)
Imaginez un jeu d’aventure qui remet en question ses mécaniques toutes les heures, qui exploite sans cesse de nouvelles idées de game design, qui renouvelle autant ses environnements que ses situations, et qui enrobe l’ensemble d’une esthétique extrêmement léchée. Mmmm’voyez ? Comme dirait M. Mackey. Et bien vous avez déjà un bon aperçu de l’expérience proposée par It Takes Two.
L'histoire débute en compagnie d’un couple battant de l’aile et, pour ne rien arranger, miniaturisé contre son gré dans un univers fantastique burlesque. Un contexte dont s’accommoderait bien la petite Alice. Réincarnés sous la forme de poupées rafistolées et forcées de suivre une thérapie sans queue ni tête, nos jeunes parents vont alors entreprendre un périple de l’étrange afin de retrouver forme humaine. Sous fond de thématique familiale et de problèmes conjugaux, l’histoire aborde des propos intéressants mais n’est pas toujours traitée avec grande subtilité. Les cinématiques à rallonges orchestrées par l’insupportable Dr Hakim, un livre animé à l’humour douteux et aux longs monologues moralisateurs, peinent à convaincre. Un synopsis tout en métaphores mais un peu trop bavard à mon gout, cassant le rythme d’un gameplay tellement plaisant que la moindre interruption se vit presque comme une contrainte ! La rançon de la gloire.
Plateformer-réflexion coopératif, l’aventure se partage donc à deux en écran splitté et vous invite à un voyage inoubliable. Vos minuscules avatars vont découvrir sous un jour nouveau l’immensité de leur maison, mais aussi les dangers du jardin et des alentours. Une succession savoureuse de zones travaillées, chacune propice à de nouveaux concepts ingénieux et complémentaires. Véritable sève du jeu, la coopération oblige à travailler en harmonie afin de résoudre les différents challenges et puzzles en présence. Je me garde de toute illustration, histoire de vous laisser intact le plaisir de la découverte. En résulte des sensations de jeu grisantes, sans cesse renouvelées afin d’entretenir un étonnement quasi constant. La frénésie retombe volontairement avec des phases d’exploration garnies en mini-jeux et interactions sympathiques, le temps de souffler quelques minutes.
Les énigmes ne sont pas bien difficiles et seuls quelques boss énervés viendront freiner votre progression. Eux aussi très bien conçus, ils apportent un peu de tension à une aventure champêtre sans grande difficulté... Sous réserve que le dernier jeu vidéo de votre tendre moitié ne remonte pas à Pokémon bleu ! Les produits laitiers, des sensations fortes (putain, je me sens vraiment vieux pour faire cette vanne de merde). Outre de rares soucis de caméra, le gameplay ne souffre d’aucun défaut et se révèle idéalement calibré. Modèle d’accessibilité et de fun.
Non content de soigner le fond, It Takes Two bichonne aussi la forme avec une réalisation irréprochable. Fluide, beau et parfaitement animé, le titre d’Hazelight Studios peut également compter sur sa magnifique direction artistique pour flatter nos rétines. L’originalité des environnements émerveille à bien des égards, et le character design, très cartoon, conforte l’ambiance absurde qui se dégage du jeu. Malgré des zones très linéaires, le plaisir de la découverte se dévoile à travers la petitesse de nos avatars et les phases de jeu jouissives s’enchainent. D’un aspirateur qui prend vie à un commando d’écureuils, les rencontres donneront dans l’insolite au profit d’un humour omniprésent, tant via des situations cocasses (et parfois sadiques !) que des dialogues épicés.
La bande son mérite quelques louanges appuyées et, à l’image des niveaux, se révèlera aussi variée que surprenante. On appréciera également un sound design très sympathique, bien aidé par de nombreuses références et objets du quotidien qui parleront à chacun. Petit carton jaune à la voix latine dégueulasse du Dr Hakim pour accentuer la caricature du protagoniste. Oui, je conchie sur ce personnage.
Difficile de rester impassible devant une telle générosité, et si le dernier tiers de l’aventure surprend un peu moins, It Takes Two s’impose comme une référence en matière de plateformer coopératif. Une quinzaine d’heures bien remplie, pot-pourri d’idées géniales et de mécaniques subtiles à apprivoiser tranquillement en duo. Portée par une réalisation impeccable, l’expérience se veut peu commune et fichtrement réussie.
Benben a dit (14 Février 2022 à 11:33)
Stay Together for the Kids
May et Cody forment un couple qui bat de l'aile, et leur fille, Rose, se sent responsable du divorce qui pointe le bout de son nez. De chagrin, et involontairement, elle va transposer les âmes de ses parents dans deux poupées qui les représentent. May et Cody vont alors devoir faire équipe pour traverser différentes épreuves, arbitrées par le Dr. Hakim, sorte de conseiller matrimonial relou, afin de reprendre possession de leurs corps. Mais aussi pour retrouver leur complicité d'antan et comprendre que chacun doit faire des sacrifices pour l'autre.
On connaissait déjà le talent du studio suédois Hazelight Studios à qui l'on doit "A Way Out", jeu coopératif dans lequel deux prisonniers doivent s'échapper d'une prison en coopérant. Le concept de jeu basé sur l'entraide est ici repris mais poussé infiniment plus loin notamment avec un variété ahurissante tant dans les situations, que dans les environnements, ou encore le gameplay.
Toute l'aventure prendra place dans la propriété familiale : cabane à outils, jardin, chambre, l'intérieur d'un pendule, d'une boule à neige, grenier... Et tous ces environnements seront d'une part gigantifiés de par la petite taille des personnages, mais ce seront aussi et surtout des représentations fantastiques de chacun des lieux, promettant alors mon(s)t(re)s et merveilles.
La direction artistique s'est déchaînée, et s'est hissée largement au niveau du studio Pixar à son apogée. En donnant vie à des objets du quotidien ou à des jouets, en créant toute une civilisation pour les insectes et les animaux du jardin, le studio a modelé un univers aussi cohérent que crédible. Des zones "classiques" de la vie de tous les jours deviennent alors d'immenses aires de jeu, un peu comme dans un "Micromachines V3". Où l'on pourra gambader et interagir avec une multitude d'éléments du décor juste pour le fun et pour dire "eh t'as vu ça ?" à tout bout de champ tant il y a de choses à faire. La plupart sont inutiles au bon déroulé de l'aventure et ne servent qu'à ajouter du contenu et à amplifier une durée de vie déjà conséquente.
J'ai envie de décrire certaines des idées de design qui font de "It Takes Two" un jeu aussi poétique, mais ce serait enlever la surprise à celles et ceux qui les découvriront en jouant. D'une durée de vie diablement longue, "It Takes Two" n'en finit pas de surprendre pour autant. Jamais on a l'impression de tourner en rond (même si certaines interactions referont surface plusieurs fois), et les modes de jeu s'enchaînent, rendant hommage à différentes licences du jeu vidéo.
L'autre force du titre est bien évidemment son aspect multijoueur orienté sur la coopération. Outre les innombrables petites actions contextuelles que l'on peut faire de son côté, joueurs et joueuses devront donc s'appuyer sur les capacités complémentaires pour débloquer de nouveaux chemins, ou pour se débarrasser d'ennemis. Par exemple en début de jeu, l'un des personnages pourra envoyer une substance explosive sur les antagonistes alors que l'autre devra leur envoyer des allumettes enflammées pour en venir à bout. De multiples passages requérant que l'un des joueurs aide l'autre à passer un élément du décor en effectuant des actions au bon moment. Mais on trouvera aussi des mini-jeux lors desquels on pourra se mesurer à l'autre, par exemple aux échecs, ou plus simplement sur des parcours d'obstacles, des courses de voitures, jeu de la taupe où l'un tient le marteau et l'autre doit lui échapper... j'en passe et des meilleures, il y en a pour tous les goûts !
Pensé comme un jeu pour couples avec aux manettes (et de manière volontairement caricaturale et clichée de ma part), le bonhomme rompu aux jeux vidéo et la donzelle plutôt joueuse occasionnelle, n'allez pas vous imaginer que les rôles seront déséquilibrés ! L'un comme l'autre devront effectuer autant d'actions, techniquement aussi difficiles. Cela étant dit, le jeu n'est pas dur, il est finissable par n'importe qui, du moment que la gestion des déplacements en 3D est acquise, ce qui n'est pas inné !
GOTY 2021 aux Game Awards, "It Takes Two" a le mérite de mettre tout le monde d'accord. Vétérans et newbies du pad ne peuvent qu'y trouver une expérience riche et bien construite permettant de passer d'excellentes heures vidéoludiques.
z0rr0 a dit (13 Février 2022 à 10:56)
Fini en 35H en mode difficile (ça reste jouable)
Trés beau jeu en mode solo fidéle à l'ambiance du film.
Beau cadeau gratuit de Epic Games !
Mijak a dit (12 Février 2022 à 19:11)
Un point&click qui se veut rétro, et qui le fait plutôt bien, dans la musique, les doublages, et bien sûr les graphismes.
Il est assez court, pas très difficile, ce qui permet d'y jouer sans buter trop longtemps sur les énigmes.
L'histoire, d'une histoire d'investigation sur un meurtre, va amener à une intrigue fantastique que j'avais pas vu venir, mais qui est rapidement révélée. Rien de bien original, toutefois.
Le jeu est jouable gratuitement, de la volonté des créateurs.
Ashana a dit (10 Février 2022 à 09:52)
Très bon jeu pour réveiller son cerveau ^^
Franz26 a dit (09 Février 2022 à 23:39)
Dernier Zelda 3D sur console de salon privé d'une mouture HD, l’annonce de ce portage a d’abord déçu la plèbe avide d’une suite directe à Breath of the Wild. De mon côté, ayant fait l’impasse sur l’opus Wii, d’abord par manque de temps puis par soucis d’éviter tout contact avec ces satanées Wiimotes, j’attendais ce remaster avec impatience pour enfin découvrir l’un des derniers volets de la franchise manquant à mon actif. Plongeons ensemble dans les cieux nuageux de Skyward Sword, à la découverte des origines de la saga.
Initialement sorti fin 2011 sur une Nintendo Wii en fin de vie et en total décalage avec les standards graphiques de la génération, Skyward Sword n’a pas connu un franc succès. Voulant de surcroit exploiter le concept de la Wiimote, foireux à de rares exceptions près, les approximations de gameplay furent largement pointées du doigt. Ainsi, malgré toute la bonne volonté du monde, une originalité louable et des critiques plutôt élogieuses, cet épisode reste l’un des plus mal-aimé de la saga. Maintenant que le contexte est posé, voyons-voir si les remaniements opérés changent la donne.
On commence par le point qui fâche : la maniabilité. Largement perfectible à l’époque, la copie ne fait guère mieux aujourd’hui. En voulant conserver la moelle épinière du gameplay, axée sur la capture des mouvements, les commandes sont loin d’être intuitives à la manette pro et assez approximatives aux Joy-Cons. Aucune solution ne séduit entièrement et il faut batailler plusieurs heures avant d’apprivoiser Link. Néanmoins, le gameplay se révèle en soit très complet et s’appuie sur des mécaniques bien rodées : exploration, donjons, énigmes et combats, recette traditionnelle immuable.
On retrouve ainsi un Link déjà rompu à l’aventure et au maniement d’objets spécifiques, indissociables à la progression linéaire et la découverte des secrets enfouis sous les cieux. A l’opposé de The Wind Waker, qui offrait un univers marin parsemé d’ilots, le monde de Skyward Sword prend place dans les airs où quelques rochers flottants concentrent une bien maigre civilisation. Les humains dépendent alors de destriers volants pour se déplacer, et votre baptême de l’air marquera le début de l’épopée. Car en grattant un peu sous l’épaisse couche de nuages en contrebas, Link va découvrir un monde d’Hyrule encore inexploré, empli de mystères… et de dangers ! A la poursuite de la princesse Zelda œuvrant aussi pour le salut du monde (les féminises apprécieront), notre preux chevalier et élu au demeurant va également tenter d’accomplir sa mission divine.
Tout en laissant une certaine liberté au joueur, Skyward Sword propose un périple rythmé et fluide. Une construction exemplaire, au service d’un univers généreux, immersif et empreint de magie. Mention spéciale aux donjons, particulièrement réussis, mais aussi à de nombreuses zones qui regorgent d’excellentes idées de game design. Les boss ne sont pas en reste et occasionnent quelques affrontements mémorables, et ce malgré les caprices de la caméra et la rigidité des commandes. Plusieurs concepts implantés dans BOTW proviennent d’ailleurs cet opus, et l’on notera par exemple l’importance du crafting pour upgrader armes et armures ou encore la fameuse jauge d’endurance. En parallèle, diverses quêtes annexes renforcent la durée de vie du titre, déjà alimentée par l’ivresse de l’exploration et les nombreuses récompenses qui en découle.
D’un point de vue technique, le lifting HD gomme efficacement les séquelles du temps et permet d’apprécier à juste titre la magnifique direction artistique du jeu. Les textures accusent évidement le coup, mais n’entachent aucunement le rendu visuel global, très agréable. Même constat niveau sonore, la bande son alternant avec brio selon l’ambiance en présence, non sans proposer des envolées lyriques magnifiques. En sus d’un sound design délicieusement familier.
Peut-être trop ambitieux en voulant surexploiter des mécaniques de gameplay basées sur la reconnaissance de mouvements, ce Zelda pèche par sa maniabilité malgré d'excellentes séquences de jeu. Un déséquilibre peu courant chez Nintendo, qui porte préjudice à un ensemble d’exception. Car malgré ce raté, The Legend of Zelda : Skyward Sword propose un voyage inoubliable, véritable ode à l’exploration au sein d’environnements atypiques marquants, avec en toile de fond les origines et l’atmosphère si particulière de la saga. Un grand cru, méritant reconnaissance.
asmduty a dit (08 Février 2022 à 17:36)
Jeu très sympa dans l'ensemble, c'est une bonne expérience pour une durée de vie de 4 à 6 heures.
La fin est un peu trop die and retry à mon goût, mais pourquoi pas.
Ashana a dit (06 Février 2022 à 15:35)
J'adore littéralement ce petit monde d'animaux qui doit trouver des matériaux pour construire ses outils, sa maison... La pêche, la cueillette...
Franchement jeu intéressant.
Janodu74 a dit (05 Février 2022 à 18:55)
Moins évident de jouer sur une tablette que sur une console!
Sacha589 a dit (05 Février 2022 à 14:28)
C'est vraiment, vraiment, vraiment dommage. Ce jeu représente beaucoup pour moi, j'y joue depuis très longtemps... Mais il est de moins en moins populaire. J'ai l'impression qu'il commence à chuter :'( J'espère qu'il retrouvera ses formes grâce à sa nouvelle version (sand&box).