Franz26 a dit (19 Octobre 2024 à 08:30)
Beat’em all phare de la génération PS360, Bayonetta s’était avant tout démarqué grâce à son héroïne atypique et un univers complétement décalé. Fort d’une réalisation et d’une mise en scène aux petits oignons, son gameplay riche et nerveux avait fini de conquérir le cœur des amateurs du genre. Cinq ans plus tard Platinum Games ressort sa licence des placards, et nous propose de retrouver la belle sorcière sur Wii U. Un choix de hardware étonnant…
…mais passons sur le destin tragique de la console de Nintendo et profitons de cette suite miraculeuse que personne n’attendait plus ! Bayonetta premier du nom nous permettait de lever le voile sur les origines de la sorcière, de son vrai nom Cereza. Femme fatale aussi séduisante que terrifiante, elle combattra sans relâche les hordes d’anges envoyées pour lui dérober son joyau, « l’œil gauche » à l’origine de pouvoirs magiques héréditaires. Alors que Bayonetta et Jeanne, consœur sorcière du premier volet, profitent désormais d’une vie mondaine au milieu des mortels, les anges réapparaissent en pleine ville ! Après un combat dantesque Jeanne perd la vie, et Bayonetta entreprend alors une opération de sauvetage démesurée pour sauver l’âme de son amie.
Voilà pour le synopsis de base, servant de prétexte à toutes les folies ! Car la structure de ce second opus, découpée en chapitres et malgré quelques zones un peu plus ouvertes, ne vous laisse aucun répit ! En résulte un enchainement de combats épiques dans des lieux aussi incongrus que variés. Le bestiaire biblique n’est pas en reste ; anges et démons impressionnent tant par leur design atypique que par leur immensité commune. Cet incroyable défilé de monstruosités dérangeantes apporte un cachet particulier à l’aventure, et les quelques alliés connus parachèvent le casting avec brio. Le tout bénéficie d’une réalisation soignée, et si la Wii U montre vite ses limites avec un framerate parfois aux fraises couplé à un aliasing omniprésent, l’ensemble fait honneur à l’ambition démesurée du studio. Mention spéciale à l’animation de la demoiselle, toujours aussi hallucinante de grâce et de fluidité.
Le gameplay ne change guère et se contente d’apporter quelques nouveautés à la formule éprouvée par son aîné. Munie de ses quatre pistolets et les maniant aussi bien avec les mains qu’accrochés aux bottines, Bayonetta fait preuve d’une dextérité enivrante et d’une palette de mouvements détonante pour renvoyer ses ennemis au paradis ! La belle s’encombre également de plusieurs armes létales. A déverrouiller progressivement, elles permettent de trouver son style préféré puis de switcher entre ses configurations favorites afin de mieux s’adapter à la situation.
Les nombreuses upgrades de vie et de magie confèrent un aspect micro-gestion plaisant, renforcé par des détours réguliers au bar/magasin. L’étrange établissement, toujours géré par le charismatique Rodin, permet de se procurer divers consommables, accessoires secondaires, mouvements inédits, etc… Un passage indispensable entre les chapitres afin de lisser une difficulté somme toute bien calibrée. L’échec est rarement punitif, et venir à bout de l’aventure ne vous prendra qu’une petite quinzaine d’heures en ayant soin de dénicher les quelques secrets du jeu. Bien évidemment, les plus acharnés d’entre vous ne manqueront pas de relever le challenge dans un niveau de difficulté avancé et de se rabattre sur les chapitres perdus, pourtant sans grand intérêt (enchainement des mobs et boss de chaque zone).
L’aspect déjanté de Bayonetta trouve aussi écho dans sa bande son, qui prolonge le délire avec maestria. De la J-POP bien rythmée côtoie des thèmes épiques plus classiques, usant de chœurs pour renvoyer à la majesté du bestiaire. Un contraste en parfaite symbiose offrant un rendu dithyrambique ! Le doublage Japonais, une fois n’est pas coutume, se révèle d’excellente qualité et contribue à l’ambiance sonore générale.
Platinum Games nous livre une suite d’envergure aux fondations solides, reposant avant tout sur un gameplay calibré, technique mais accessible. Enrobé de la folie propre à l’univers de Bayonetta, l’expérience ne peut qu’emballer et les amateurs du genre se délecteront devant cette chorégraphie sanglante ! On lui reprochera quelques fausses notes, telle que la zoomorphie complètement dispensable ou la gestion de la caméra perfectible et moins excusable en 2014 qu’en 2009, mais l’aventure n’en reste pas moins intense et jouissive ! Juste un peu courte. Un Beat’em all de qualité, hissant avec brio les projecteurs sur la sorcière de l’Umbra, depuis gratifiée d’un 3e opus canon et d’une aventure annexe sur Nintendo Switch. Un rattrapage à parfaire dont je me languis par avance ! Rendez-vous l’année prochaine, à minima…
Norteim a dit (17 Octobre 2024 à 20:49)
C'est en découvrant, sur une radio Spotify, sa bande-son que je me suis souvenu de Firewatch. Je me rappelais certes de la hype qui avait envahi une partie des streameurs.es de l'époque mais j'avais encore en tête quelques vagues images de la direction artistique que je n'ai pu m'empêcher d'associer aux magnifiques musiques dans mes écouteurs. Il fallait absolument, à mon tour, incarner ce garde-forestier de renom.
Redécouvert en fin de matinée, terminé en début de soirée, il faut avouer que l'expérience est agréable et Campo Santo nous offre un pari réussi. La direction artistique et les graphismes n'ont globalement pas pris une ride en huit ans et la narration est particulièrement réussie, notamment grâce aux jeux des acteurs.trices, ainsi qu'à l'immersion qui nous tient en haleine à mesure que se déroule le récit.
Cependant, le jeu n'est pas exempt de défauts que personne ne semble vouloir citer.
D'abord, c'est étrangement vide. Si la solitude constitue le principal thème ici exploré, à travers ses dérives relationnelles et irrationnelles, les longues marches à travers les arbres s'accompagnent, en dehors des découvertes et dialogues, d'un silence qui m'a semblé étranger : cette végétation luxuriante, ne devrait-elle pas accueillir pléthore d'animaux ? De bruits en tout genre ? N'y a-t-il pas une somptueuse composition de Chris Remo pour embellir ce coucher de soleil ? Si les moments forts s'organisent facilement avec la bande-son ainsi que les effets visuels, le moindre retard ou mauvais chemin ne vous offrira qu'un plat silence jusqu'à la reprise d'un dialogue. Henry est certes seul, mais c'est aller à l'encontre de l'esthétique global de Firewatch que d'isoler l'expérience du joueur quand les développeurs se saignent à rendre l'immersion impeccable.
Si les décors sont sublimes, le level-design est lui difficilement louable : les chemins vous attendent sagement et vos tentatives de surmonter une branche de quelques centimètres ou de vous laisser glisser dans cette douce caverne ne vous rapporteront qu'une perte de temps. Un couloir n'est pas dérangeant dans la mesure où il est construit de manière cohérente : Firewatch est certes beau, mais parfois si vide que le sentiment d'exploration s'échoue rapidement.
Le scénario est intéressant, malgré quelques faiblesses qui se font ressentir lors du dénouement. Rien d'handicapant cependant pour l'histoire dont certaines scènes ne sont simplement que des chefs-d'œuvre de réalisation.
Retenons enfin que le jeu fourmille de détails généreux. Les dialogues concernant chaque objet trouvable sont rafraîchissants et construisent la relation entre Henry et Delilah d'une manière attachante et naturelle. Les objets du décor sont parfaitement intégrés et en particulier les livre dont le design reste fidèle aux œuvres d'origine. De nombreuses trouvailles sont plus qu'appréciables, comme l'absence de visage sur l'ensemble de l'œuvre, manière intelligente de nous identifier rapidement à notre protagoniste en nous confinant à ses côtés.
Firewatch est donc un bon jeu, sans pour autant se hisser au rang des empereurs de l'Aventure Narrative. Abordables, cependant, ses qualités en font une expérience appréciable pour tout type de joueurs et joueuses séduit par cet univers verdoyant.
Benben a dit (17 Octobre 2024 à 08:55)
Purée @themightywatcher, t'as pas le droit de poster un commentaire sur cette fiche sans prévenir, j'ai cru qu'une news officielle était tombée quand mes yeux ont accroché sur "Silksong est enfin sorti".
Ascenseur émotionnel trop intense.
themightywatcher a dit (16 Octobre 2024 à 15:35)
Nous sommes en 2037, Silksong est enfin sorti. Ca fait plus de deux mois que je ne suis pas aller à l'extérieur, j'ai eu le temps de finir le jeu 25 fois et je peut le dire : c'est une merveille. Le meilleur jeu vidéo de tout les temps.
Je lui met la note de 21/20.
PS: Team Cherry vient d'annoncer un troisième jeu sur Lace, on espère qu'il sortira bientôt !
Dreadz23 a dit (07 Octobre 2024 à 23:39)
Je me marre tellement a chaque nouveau niveau ! Toujours plus barré que le précédent xD
z0rr0 a dit (07 Octobre 2024 à 16:39)
La surprise de 2024 !!
Histoire et persos fun , difficulté bien dosée
le + : jeu gratuit d' Epic Games
Franz26 a dit (30 Septembre 2024 à 07:36)
Après un remaster sur PSP en 2011, affublé du titre « Let Us Cling Together », la légende du Tactical-RPG s’offre une nouvelle jeunesse sur Nintendo Switch ! Enfin traduit en Français, mieux vaut tard que jamais, voici l’occasion de découvrir un titre mythique ayant très largement inspiré l’anthologique Final Fantasy Tactics. Une version « Reborn » officiant comme porte d’entrée idéale afin de mieux appréhender l’histoire du genre.
Car oui, lorsque l’on parle de T-RPG, la saga de Quest revient souvent citée en référence. Débarquant sur une Super Nes en fin de vie puis porté sans attendre sur Playstation, Tactics Ogre a ainsi amplement contribué à la démocratisation du genre sur console. Mais je ne vais pas vous infliger un historique de la franchise, d’autant qu’elle m’est assez méconnue. Concentrons-nous donc sur le conflit qui oppose les différentes nations peuplant les îles de Valeria, théâtre de disputes incessantes pour la domination des rivages et du commerce naval. Un synopsis mature à base de complots et de vengeance, avec son lot de rebondissements et de scènes poignantes. La richesse du background et le nombre conséquent de fils narratifs complexifient vite l’histoire, et il faut un peu de temps pour se familiariser avec le contexte et les protagonistes. S'ensuit néanmoins une épopée passionnante et imprévisible.
En tant que pilier fondateur du genre et malgré un petit dépoussiérage pour l’occasion, on ne s’attardera pas outre mesure sur le gameplay du titre : fondamentalement traditionnel. Les batailles se déroulent sur des arènes fermées et quadrillées, où votre troupe se démène au tour par tour pour sortir victorieuse et, si possible, sans casse. En effet, bien que moins punitif qu’un Fire Emblem par exemple, il faut veiller à la santé de vos hommes qui, une fois au tapis et passé 3 tours, rendent définitivement l’âme. A vous de respecter les fondements de la stratégie en composant une escouade équilibrée en fonction des nombreuses classes disponibles. Chevalier, magicien, prêtre, ninja, lancier, etc… tout le gratin de l’Heroic Fantasy sera de la partie ! Les métiers sont accessibles au fur et à mesure de la progression et, en échange d’un « titre », n’importe qu’elle unité peut être promue. Les classes déterminent donc les attributs du combattant, son type d’équipement et de coups spéciaux. De plus, chaque personnage bénéficie de quatre emplacements d’objets, de parchemins et de capacités, nécessitant dès lors une micro-gestion bien personnalisée. D’autant que d’autres paramètres sont à prendre ne compte : système de faiblesses élémentaires, initiative en fonction du poids de l’équipement, etc… J’en passe, et ajoutez une intendance de l’inventaire minutieuse, avec notamment la présence de magasins et de forgerons, afin d’obtenir un système dense, pertinent et ultra complet ! Dommage que l’interface des menus, assez austère et vite surchargée en informations, n’ai pas été revue en profondeur.
On appréciera les différents zooms de caméra disponibles dans ce remaster, parade bienvenue contre les angles-morts, et la possibilité d’accélérer la vitesse de jeu pour rendre le temps d’action ennemi plus digeste. L’ajout d’une « roue de la fortune », permettant de revenir en arrière à sa guise, lisse une difficulté plutôt corsée. En effet, les ennemis ne vous feront pas de cadeaux et la configuration des arènes n’est que trop rarement votre avantage. Malgré des objectifs récurrents, limités le plus souvent à occire le chef de l’escadron ennemi, les batailles se révèlent passionnantes.
Tactics Ogre : Reborn vous tiendras ainsi en haleine des dizaines d’heures. Non seulement le périple s’avère long et difficile (avec un boss de fin totalement insane, préparez les serviettes hygiéniques : vous allez saigner du cul !), mais en sus la « replay value » est réelle compte-tenu des différents embranchements qui s’offrent à vous. Certaines décisions majeures orientent drastiquement la direction de votre quête et la suite des évènements. Un principe non sans rappeler le récent Triangle Strategy. De nombreuses zones facultatives enrichissent également le contenu et assurent tout un panel de personnages optionnels à recruter. De quoi combler les plus exigeants d’entre vous !
Ce remaster en profite bien évidemment pour revoir les textures du jeu et lisser l’ensemble, dans un rendu HD du plus bel effet mais néanmoins assez proche de la version PSP. Décors et sprites conservent leur charme old-school, pour un rendu impeccable en mode nomade. Une configuration à privilégier plutôt que projeter le tout sur l’écran plat. Des effets chiadés et de rarissimes cinématiques parachèvent cette refonte visuelle de qualité, respectueuse du matériau d’origine. Mention spéciale aux travaux des designers, Akihiko Yoshida en tête, mis en valeur par de magnifiques artworks ponctuant dialogues et menus.
La bande son a elle aussi bénéficié d’une réinterprétation moderne, entièrement réorchestrée pour l’occasion. Si la qualité des thèmes d’origines bonifiait déjà grandement l’expérience de jeu, on frôle désormais l’excellence ! Un récital maitrisé et diversifié revu par maître Sakimoto, dont l’écoute peut se prolonger via un lecteur audio intégré dans les options. Enfin, les dialogues bénéficient désormais d’un doublage japonais soigné, histoire de parachever ce constat auditif grandiose.
Tactics Ogre : Reborn nous plonge avec maestria dans une épopée sombre à l’issue incertaine, qui brille par son écriture et la richesse de ses protagonistes. Une fresque épique rondement menée, affublée de sa plus belle robe et modernisée pour l’occasion. Un Tactical-RPG d’exception qui mérite toute votre attention, même si son exigence et son extrême classicisme peuvent aussi jouer en sa défaveur. A recommander aux fans du genre avant tout.
Franz26 a dit (28 Septembre 2024 à 08:07)
Développé par Capcom avec Shu Takumi à la baguette, le papa des Phoenix Wright, Ghost Trick : détective fantôme se présente comme un jeu de réflexion novateur. Empruntant aux Point’n Click traditionnels, il se démarque par un postulat de base peu commun : la mort.
L’aventure débute donc par votre assassinat. Dans la peau d’un fantôme amnésique et en quête d’identité, il va falloir user d’étranges pouvoirs pour démêler une intrigue haletante. Car notre énigmatique héros se découvre la capacité de remonter le temps 4 minutes avant le décès d’une personne, excepté lui-même, et va mettre à profit cette faculté d’entrée de jeu. Tout le concept consiste à revenir dans le passé pour sauver tel ou tel protagoniste d’un meurtre atroce, et ainsi remodeler les évènements ubuesques qui vont se dérouler durant la nuit. De révélations en rebondissements les morceaux du puzzle se recoupent petit à petit jusqu’au dénouement final, formant un synopsis passionnant ! La richesse du casting, la qualité de l’écriture et le sens de la mise en scène n’étant pas étrangers à ce constat.
Sissel, notre fantôme au corps physique récemment refroidi, peut se déplacer d’objets en objets sur une distance limitée. Il faut donc sans cesse interagir avec le décor et tenter différentes combinaisons d’actions, souvent dans un ordre logique, pour arriver à ses fins et changer les événements du monde des vivants. Bien évidement vos tentatives échoueront plus d’une fois : pas de panique, vous pouvez remonter le temps à loisir pour tenter de résoudre la problématique d’une autre manière. Logique et observation sont ainsi nécessaires pour mener à bien cette enquête nocturne, et si quelques énigmes se révèlent un peu tordues, l’ensemble reste très accessible.
Toutes les actions se réalisent avec le stylet de la Nintendo DS, accessoire qui sied parfaitement à ce type de gameplay. Chaque lieu exploite avec brio les mécaniques de jeu, et si ces dernières semblent limitées aux premiers abords, elles conservent pourtant leur intérêt tout au long de la douzaine d’heures nécessaire à la conclusion de l’intrigue.
Visuellement, Ghost Trick : Détective Fantôme charme nos rétines avec des décors fixes fins et colorés, emplis de détails. Outre un character design atypique bourré d’humour, les nombreux protagonistes bénéficient d’une animation impeccable et d’artworks soignés. Sans transition, la bande son mérite aussi nos félicitations et accompagne brillement l’aventure avec des thèmes d’ambiance peu ambitieux mais néanmoins agréables.
Vous l'avez compris, Capcom nous livre ici un excellent jeu de réflexion ! Bien qu’assez hermétique au genre, j’ai adhéré à cette proposition ludique surprenante et me suis retrouvé happé en plein cœur d’une histoire captivante. Une expérience rafraichissante, condensée sur quelques heures de jeu bien remplies. Je recommande.