Le cinéma cambodgien, né en 1960, a vu son irrésistible ascension stoppée brutalement en 1975 par l'arrivée au pouvoir des Khmers Rouges. La plupart des films ont disparu, les acteurs été tués et les salles de cinéma été transformées en restaurants ou karaokés. Le sommeil d'or filme la parole de quelques survivants et tente de réveiller l'esprit de ce cinéma oublié. (Source : Allociné)
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Merci à gon17 qui a créé cette fiche
Les émotions... Les frissons...
Je ne m'attendais pas à ressentir ça devant un documentaire un jour.
Je pensais que Le sommeil d'Or me déprimerait parce que son sujet en lui-même me déprime.
Comme beaucoup de khmers, j'ai cette obsession : lire plus de livres khmers, voir plus de films khmers. Or, comme tant d'autres choses, une grosse partie du patrimoine culturel a disparu pendant la guerre. En plus des pertes humaines, des traumatismes générationnels, le régime a marqué une mise à mort de la culture. Et c'est peut-être ça le plus pénible au moment où il faut se reconstruire.
La mort de la culture, c'est la mort d'une identité. Bien sûr, il reste des gens pour s'en souvenir, et qui en parlent, mais ça crée une dichotomie générationnelle entre les anciens et leur descendance.
Et faire ce documentaire, en collectant tous ces témoignages et ces interviews de personnes qui ont survécu et qui sont encore là pour en parler, ça refait vivre l'âge d'or du cinéma khmer de manière indirecte. Même si les images ne sont plus là, entendre d'autres personnes raconter ces films, c'est ressentir indirectement leur expérience du cinéma. Davy Chou a réussi à restituer une ambiance particulière à travers ce documentaire. Une ambiance chaleureuse, malgré l'amertume, qui est lumineuse.
Ca guérit quelque chose en moi.
J'ai tout particulièrement aimé cette phrase :
"Les films ont presque tous disparu, mais les chansons restent.” Ca m'a bouleversée parce que je me suis aperçue que c'était véridique.
La plupart des chansons, je les connaissais déjà, sans savoir que c'était des chansons de films.
(C'est pour ça que j'ai mis du temps à terminer ce documentaire, à chaque fois je m'interrompais pour partir en mission shazam et réécouter toutes ces chansons qui ont bercé mon enfance.)
Je trouve ça joli de constater que la musique continue de faire vivre le cinéma à travers les décennies. L'art est une unité.
La musique, c'est le cinéma, le cinéma c'est la photographie, la photographie, c'est de la peinture, la peinture c'est en quelque sorte l'écriture.
Bref, énormément d'émotions. Je recommande x 1000.