Un éminent professeur de phonétique rencontre en 1912, près de Covent Garden, une fort jolie petite marchande de fleurs. Il décide d'en faire une grande dame. (Source : Allociné)
La longueur de My Fair Lady est justifiée, rien n'est plus enchanteur que l’interprétation d'Audrey. Mais quel dommage de ne pas avoir gardé sa voix aux passages chantés !
Aérien de bout en bout, ce véritable joyau de la comédie musicale est littéralement transcendé par l'interprétation éblouissante d'Audrey Hepburn, à laquelle Rex Harrison donne une réplique aussi acerbe que jubilatoire. Cukor nous emporte dans un tourbillon de décors et costumes somptueux, avec un délice de dialogues ciselés, fins d'esprit et drôles. Stanley Holloway campe un formidable père indigne et la partition de Loewe, pétillante et enjouée, est à la hauteur du chef d'œuvre.
Bon, je me suis attaqué à un classique du cinéma et de la comédie musicale ce matin. Et autant dire que je trouve que My Fair Lady a pris un sacré coup de vieux.
Pas visuellement, car le film reste joli à regarder, mais plutôt dans ce qu'il raconte.
My Fair Lady condense vraiment en 2h30 toute l'arrogance britannique dans tout ce qu'il y a de plus détestable : mépris de classe, accentisme, et sous-tons misogynes dans la storyline.
Ca fait grincer des dents en 2026.
J'avais bon espoir qu'on ait une belle morale à la fin, mais les deux dernières minutes ont tout gâché.
Ce qui me déplaît dans ce film, c'est qu'il sous-entend qu'il n'y a qu'une seule façon de parler anglais pour être validé socialement - c'est l'accent d'Oxford. Tous les autres accents qui contribuent à la richesse de la langue et de la Grande-Bretagne sont rabaissés, voire stigmatisés. Le personnage d'Higgins débite des piques classistes et méprisantes à la seconde (parfois c'est même un peu drôle tellement le mec n'en a rien à foutre).
Mais soyons honnêtes, ce n'est pas normal d'appeler l'héroïne "raclure de bitume" ou "chose" et de faire en sorte que le scénario les fasse tout de même tomber amoureux. Pitié quoi. Elle mérite mieux que ce gros connard, aussi instruit soit-il.
Surtout, il y a quelque chose de dérangeant, à l'instar du mythe de Pygmalion : Higgins façonne une personne de A à Z pour qu'elle corresponde à un certain idéal de femme selon lui. Il tombe amoureux d'elle une fois qu'elle atteint enfin son idéal. Il ne l'aime pas pour ce qu'elle est.
Il la transforme pour toujours afin qu'elle devienne une lady : sa façon de parler, son maintien, son allure, son tempérament.
Et même ainsi, il la dénigre toujours et ne la voit jamais en tant que personne.
Je trouve ce message catastrophique.
Le côté comédie musicale ne m'a pas particulièrement séduite non plus : les musiques sont mid et l'histoire traîne vraiment en longueur.
Heureusement que le film est beau et que j'adore voir jouer la sublime Audrey Hepburn (qui, pour le coup, m'a fait rire à de nombreuses reprises.)
La longueur de My Fair Lady est justifiée, rien n'est plus enchanteur que l’interprétation d'Audrey. Mais quel dommage de ne pas avoir gardé sa voix aux passages chantés !
Aérien de bout en bout, ce véritable joyau de la comédie musicale est littéralement transcendé par l'interprétation éblouissante d'Audrey Hepburn, à laquelle Rex Harrison donne une réplique aussi acerbe que jubilatoire. Cukor nous emporte dans un tourbillon de décors et costumes somptueux, avec un délice de dialogues ciselés, fins d'esprit et drôles. Stanley Holloway campe un formidable père indigne et la partition de Loewe, pétillante et enjouée, est à la hauteur du chef d'œuvre.
Bon, je me suis attaqué à un classique du cinéma et de la comédie musicale ce matin. Et autant dire que je trouve que My Fair Lady a pris un sacré coup de vieux.
Pas visuellement, car le film reste joli à regarder, mais plutôt dans ce qu'il raconte.
My Fair Lady condense vraiment en 2h30 toute l'arrogance britannique dans tout ce qu'il y a de plus détestable : mépris de classe, accentisme, et sous-tons misogynes dans la storyline.
Ca fait grincer des dents en 2026.
J'avais bon espoir qu'on ait une belle morale à la fin, mais les deux dernières minutes ont tout gâché.
Ce qui me déplaît dans ce film, c'est qu'il sous-entend qu'il n'y a qu'une seule façon de parler anglais pour être validé socialement - c'est l'accent d'Oxford. Tous les autres accents qui contribuent à la richesse de la langue et de la Grande-Bretagne sont rabaissés, voire stigmatisés. Le personnage d'Higgins débite des piques classistes et méprisantes à la seconde (parfois c'est même un peu drôle tellement le mec n'en a rien à foutre).
Mais soyons honnêtes, ce n'est pas normal d'appeler l'héroïne "raclure de bitume" ou "chose" et de faire en sorte que le scénario les fasse tout de même tomber amoureux. Pitié quoi. Elle mérite mieux que ce gros connard, aussi instruit soit-il.
Surtout, il y a quelque chose de dérangeant, à l'instar du mythe de Pygmalion : Higgins façonne une personne de A à Z pour qu'elle corresponde à un certain idéal de femme selon lui. Il tombe amoureux d'elle une fois qu'elle atteint enfin son idéal. Il ne l'aime pas pour ce qu'elle est.
Il la transforme pour toujours afin qu'elle devienne une lady : sa façon de parler, son maintien, son allure, son tempérament.
Et même ainsi, il la dénigre toujours et ne la voit jamais en tant que personne.
Je trouve ce message catastrophique.
Le côté comédie musicale ne m'a pas particulièrement séduite non plus : les musiques sont mid et l'histoire traîne vraiment en longueur.
Heureusement que le film est beau et que j'adore voir jouer la sublime Audrey Hepburn (qui, pour le coup, m'a fait rire à de nombreuses reprises.)